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Hôpital de la Côte fleurie, un joli bordel

Hôpital de la Côte fleurie. « C’est un joyeux bordel » au service des urgences selon Patrick Pelloux

Le président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), Patrick Pelloux, prend la parole au sujet de la situation du service des urgences à l’hôpital de la Côte fleurie, à Cricquebœuf, entre Deauville et Honfleur (Calvados).

« C’est un joyeux bordel », résume Patrick Pelloux, le président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) pour expliquer la situation du service des urgences au centre hospitalier de la Côte fleurie à Cricquebœuf, situé entre Deauville et Honfleur (Calvados).

Depuis mai 2025, les fermetures du service des urgences s’enchaînent, liées notamment à un problème d’effectif. Pour lui, cette situation est aggravée par un arrêté de décembre 2024. « Avant, aucun service d’urgences ne pouvait fermer. C’est à présent possible. Ce n’est pas dans le rôle régalien de l’État. »

 

« Les sapeurs pompiers souffrent »

Selon le président de l’Amuf, dans des cas de figure comme celui de la Côte fleurie, « ceux qui en souffrent beaucoup, ce sont les sapeurs-pompiers. C’est une catastrophe : au lieu de faire des économies, il faut plus de véhicules de secours et d’assistance aux victimes (Vsav) car leurs véhicules sont amenés à aller ailleurs et faire plus de kilomètres pour rejoindre d’autres services d’urgences. Ils doivent attendre sur place devant des urgences qui n’ont pas forcément la capacité d’accueillir des patients de la Côte fleurie, surtout en période estivale avec la présence de vacanciers. Ils passent leur temps à aller à droite à gauche, s’indigne-t-il. Nous n’avons jamais vu une telle déliquescence sur le service public hospitalier. » Tout ce système entraîne donc « une démotivation des équipes ».

 
 

Selon ses informations, « il y a énormément de trous sur le tableau de garde des urgences à l’hôpital de la Côte fleurie alors que la fréquentation est forte. Les urgentistes travaillent énormément, donc c’est très difficile. Ils ne peuvent pas se replier sur le CHU de Caen qui est en sous-effectif au niveau des urgences et du Samu. La clinique privée Saint-Martin – Ramsay à Caen a décidé de fermer toutes les nuits ses urgences en juillet et août [de 20 h à 8 h, N.D.L.R.]. C’est un phénomène de jeu de dominos : un s’écroule et tout s’écroule. Il y a des conséquences jusqu’à Rouen dans la région ».

 
 
Il alerte alors sur une « volonté politique nationale d’américaniser le système. C’est fait et orchestré pour casser le service public et passer sur les cliniques privés. Croire qu’en créant des services d’accès aux soins, c’est-à-dire un grand standard téléphonique, va résoudre tous les problèmes. C’est faux ».
 
Ouest France, 11 juillet 2025
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