Crise aux urgences : manque de lits généralisé

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Revue de presse du 16 mars 2018 – les urgences toujours sous tension

Cette semaine encore les services d’urgences sont marqués par une saturation. Manque de lits, salles d’attentes bondées… Pas une région ne semble épargnée. Nous assistons à une crise hospitalière qui s’amplifie et se pérennise et dont les urgences en sont à la fois le reflet et le catalyseur.

 

« On ne me donne pas les moyens de travailler » Patrick Pelloux raconte à Brut.fr son dialogue de sourds avec l’Agence régionale de Santé.

« La ministre de la Santé, vous ne pouvez pas parler avec elle » Un (…) « Elle a fait toute sa carrière de technocrate, elle a gravi toutes les structures, c’est une experte (…) vous ne pouvez pas parler avec elle. »

Il dénonce une administration qui refuserait de prendre en compte les expériences et les demandes des membres du personnel hospitalier, et de réfléchir avec eux à de nouvelles solutions.(…) Le système hospitalier français, et notamment les urgences, traverse une crise grave. « À peu près sept à huit millions de personnes passaient aux urgences en 1988-1990 » contre plus de vingt-et-un millions aujourd’hui. Et face à cette augmentation du nombre de patients à prendre charge, une diminution de moyens. En effet, des dizaines de milliers de lits d’hospitalisation ont déjà fermé. Un manque de moyens impossible à supporter pour le personnel de l’hôpital : « On ne donne pas les moyens de travailler et d’avoir les moyens des missions de service public pour lesquelles on a été faits. »

Publié le par Brut.Fr & France Télévisions | Lire l’article dans son intégralité ici

 

En Bretagne la crise hospitalière s’intensifie.

Le manque de moyens a parfois des conséquences dramatiques. Lundi 12 mars, une femme est décédée aux urgences du CHU de Rennes, une heure après son admission, avant même de pouvoir être auscultée.

Les syndicats ne sont pas surpris qu’un tel drame se soit produit. Ils témoignent auprès de France Info, de locaux trop exigus et d’un manque criant de personnel. « Ça peut se reproduire si on ne change pas les conditions d’organisation de travail et le nombre de collègues dans ce service », affirme Bertrand Audiger, élu au CHST.

Christian BRICE, délégué AMUF pour la Bretagne, revient sur cet événement reflet de la crise sanitaire qui touche les urgences bretonnes et alerte sur le manque de lits d’hospitalisation.

Il n’y a plus de lits hospitaliers. (…) Il faut que le gouvernement recule et redonne de l’argent à l’hôpital public !

Reportage à 6’22 »

A lire sur Ouest France : Urgences du CHU de Rennes saturées : le décès d’une sexagénaire interroge

 

Vichy : les urgences au bord du burn-out

En début de semaine nous présentions sur ce site la situation des urgences de Vichy arrivées à saturation. La mobilisation était alors en cours d’organisation.  Les syndicats de personnel faisaient passer une pétition aux personnels pour connaître leur avis sur un éventuel mouvement de grève. C’es chose faite. Le personnel est en grève ce vendredi pour réclamer des moyens supplémentaires.

Il faut que les gens sachent ce qui se passe dans nos services !

C’est le cri du cœur lancé ce matin sur Radio Scoop par David Dall’Aqua, le chef du service des urgences de l’hôpital de Vichy.

Excédé par la détérioration des conditions d’accueil des patients, David Dall’Aqua sera présent sur le piquet de grève qui sera dressé entre 11h et midi aujourd’hui à l’entrée de l’hôpital. Hier par exemple, il y avait 18 patients pour 10 lits…la veille 26. Impossible donc dans ces conditions de traiter décemment ceux qui poussent les portes du service. (…) « Aujourd’hui, on n’est plus en mesure d’apporter des soins de qualité ». (…) La semaine dernière, une personne âgée, gravement malade, est décédée sur un brancard dans un couloir. C’est indigne de notre service des urgences. Elle a particulièrement et profondément marquée le personnel soignant. »De son côté la direction a fait savoir dans un communiqué que la situation semblait s’améliorer, mais qu’elle restait mobilisée. (…)

Publié le vendredi 16 Mars – 09:30 sur Radio Scoop | Lire l’article dans son intégralité ici

Le centre hospitalier d’Armentières est lui aussi  déclaré sous-tension depuis le début de semaine
Débat public à Dignes-les-Bains sur l’accès aux soins

« On ne peut pas avoir tout partout », les propos de Christophe Prudhomme, le porte-parole de l’Association des Médecins Urgentistes de France. Il était à Digne-les-Bains ce lundi soir, pour un débat public sur l’accès aux soins. Pour lui, il faut réorganiser l’offre avec des centres de santés reliés à des hôpitaux de proximités, eux-mêmes dépendants de grand Centres Hospitaliers Universitaires. Il faut donc une complémentarité de l’offre de soins.

« Le problème, c’est surtout l’avenir de l’hôpital et de ses spécialités essentielles en termes d’hôpital de proximité »

Christophe Prudhomme  prône un service d’urgence accessible à moins de 30 minutes de chaque habitant et regrette la construction de maisons de santé « sans projet » où les professionnels manquent, car ne sont pas salariés, mais rémunérés à l’acte.

Ecoutez son intervention ici

 

Bourges: Les urgences saturées depuis une semaine
Le centre hospitalier Jacques-Coeur de Bourges
Le centre hospitalier Jacques-Coeur de Bourges Photographie d’Alain Fougeray / AFP 

Le centre hospitalier Jacques-Coeur de Bourges est saturé. Depuis une semaine, les nombreux patients qui s’y présentent ne peuvent pas tous être reçus, et attendent parfois plusieurs heures. (…) La directrice adjointe Audrey Aulibert attribue cette saturation « à un afflux de patients pour hospitalisation. Or, il n’y a plus de lits. Là, tous nos lits sont ouverts et occupés. Ça représente un millier de places, hôpital de jour compris. Et c’est partout pareil ».(…)

Une femme présente aux urgences, interrogée par le quotidien régional, raconte :

On a peine à croire ce qu’on voit : il y a des gens partout, assis, debout, couchés, plein les couloirs. Je ne sais pas comment les médecins et les personnels parviennent à continuer à travailler.

Le centre hospitalier a activé le plan « Hôpital en tension » : du personnel a été rappelé, des lits supplémentaires ouverts et les interventions n’ayant pas de caractère urgent ont été déprogrammées.

Après plusieurs droits d’alerte, les soignants, épuisés, ont déposé un préavis de grève pour le 20 mars. 

20 Minutes| Lire l’article dans son intégralité ici 

La région Grand-est est elle aussi impactée.

Il y a 10 jours, le centre hospitalier de Troyes déclenchait le plan blanc. La semaine dernière une femme décède sur un brancard aux urgences de Reims. Cette semaine nous apprenons que ce sont les urgences de Verdun qui « débordent » et que l’ensemble des services d’Alsace sont déclarés en tension.

Depuis le week-end dernier, le plan d’urgence « Hôpital sous tension » a été déployé au centre hospitalier de Verdun. Cette situation très rare est due à un nombre de prises en charge par les services d’urgence bien supérieure à la moyenne. « Nous avons fait face à une recrudescence de l’épidémie de grippe B, le département étant encore en seuil épidémique », explique le directeur de l’établissement Christophe Arnould. « Cependant, comme nous avons maintenu la situation sous contrôle, nous n’avons pas voulu communiquer ces difficultés passagères au grand public. » Face à ces difficultés passagères, du personnel a été rappelé en urgence pour répondre aux besoins. (…) Publié le 13/03/2018 par l’Est Républicain | Lire l’article dans son intégralité ici

L’ensemble des services d’urgences d’Alsace déclaré en tension

Tous les services d’urgence hospitalière d’Alsace se sont signalés auprès de l’Agence régionale de santé Grand Est comme en tension. Du nord au sud de l’Alsace, les urgences hospitalières sont dans le rouge. Si cette situation est malheureusement assez fréquente dans les gros centres hospitaliers comme Strasbourg ou Mulhouse, elle est plus inédite dans des services plus petits, comme ceux de Saverne, Guebwiller ou encore Haguenau. (…)

Dans d’autres établissements comme aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg, où le plan Hôpital en tension comportant quatre niveaux, a démarré le 1er  janvier, il a fallu recourir le 4 mars à la déprogrammation de patients. « C’est le niveau 4 de notre plan Hôpital en tension, explique Franck D’Attoma, directeur général adjoint des HUS.  (…) Il estime que grâce à ces mesures, la situation reste sous contrôle. Mais il reconnaît qu’il y a un problème lié à l’état des patients accueillis aux urgences. « Ce sont essentiellement des personnes âgées : en dix ans, la part des plus de 70 ans a augmenté de 60 % aux urgences. Et ce sont des patients plus fragiles avec d’autres pathologies. »

Un point que confirme le Pr Pascal Bilbault, chef de service des urgences médico-chirurgicales adultes aux HUS. « La population vieillit et cela se voit au niveau des urgences. (…)» Cette semaine, sept patients sur dix  étaient âgées de 80 ans et plus.» Or, il manque de lits de gériatrie. « On a atteint la limite avec des ambulances qui attendent pendant trois ou quatre heures qu’un brancard se libère » et il prévient ; « ce n’est que le début de la vague d’une population de plus en plus vieillissante. Il faut que les autorités anticipent ce phénomène. »

Publié le 15/03/2018 | Dernières Nouvelles d’Alsace | Lire l’article dans son intégralité ici

A lire également : Les services d’urgences alsaciens sont en tension 


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