Les urgentistes du CHU de Rennes se mobilisent

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Illustration événement syndicalNous reproduisons ci-dessous  le courrier des médecins du SAMU-SMUR et des Urgences du CHU de Rennes adressé à Madame la Directrice Générale.

 

 

 

Equipe médicale des urgences-SAMU-SMUR

Rennes, le 09/01/2018

Mme la directrice générale,

Le SMUR 3 7j/7 sur effectif SAMU sans impact sur les effectifs des urgences a été acté par la direction du CHU suite à l’audit de SAMU de France du 2015 et à notre mouvement de grève à l’été 2017. Si cet engagement n’est pas tenu comme prévu avec son déploiement effectif 7j/7 à partir du 15/01 ainsi que la rémunération adéquate nous ne pourrons suivre cette décision et nous dégageons notre responsabilité des conséquences que cela pourrait avoir.

Pour rappel les chiffres depuis l’ouverture retrouvent une moyenne de 3 à 4 interventions par jour.

Le temps de travail de 18 h à 22 h n’est pas pris en compte pour le SMUR 3 et AGIRH ne sait pas comptabiliser 12 h de temps de travail pour ce poste et ne compte donc que 10 heures. Cette situation est inadmissible et illégale car ne prenant pas en compte notre temps de travail réellement effectué ainsi que la rémunération auquel il ouvre droit. Nous interrogeons le service juridique de nos syndicats sur ce point.

Il est absolument nécessaire d’adapter le temps médical à l’UMP.

L’amélioration des conditions de travail n’a toujours pas eu de réponse satisfaisante, concernant les bureaux, les postes de travail ainsi que les chambres de garde.

Le poste MAO samedi et dimanche aux urgences est un poste déjà existant qui répond à une exigence de fonctionnement du service et n’était pas pourvu faute d’effectif. L’augmentation de nos effectifs nous permettant de pourvoir à nouveau ces postes il est inadmissible d’en rediscuter la mise en place. Nous vous rappelons par ailleurs que le déploiement du SMUR 3 était acté par la direction sans impact sur les effectifs des urgences.

L’astreinte DSM ne sera pas prise en compte malgré notre statut de SAMU zonal. Cette décision semble inconsidérée au vu des responsabilités qui incombent à notre service. En l’absence de prise en compte et de rémunération adaptée, nous nous désengageons donc de cette mission et prévenons que le médecin régulateur ne sera pas en capacité de répondre aux besoins de la zone de défense en cas de situation exceptionnelle (comme cela s’est déjà produit récemment).

Le rôle d’un service d’urgence étant de prendre en charge les urgences vitales et fonctionnelles ainsi que de réaliser le tri et l’orientation des patients dans un délai de 8 à 10h au maximum, nous refusons de continuer à prendre en charge les patients ne relevant pas de cette mission et qui relèvent d’une UHTCD ou d’une unité d’hospitalisation. Des effectifs dédiés (médicaux et paramédicaux) doivent être déployés conformément aux exigences réglementaires. Un médecin ne peut assurer deux postes à la fois et nous ne pouvons donc pas assurer la prise en charge des nouveaux patients aux urgences ET la réévaluation des patients « hospitalisés » aux urgences (en dehors bien sûr d’une urgence vitale).

Nous vous rappelons de même que la direction du CHU s’était engagée sur un déploiement des 39h sur le service initialement pour janvier 2018 puis pour le premier quadrimestre 2018.

Nous ne pouvons tolérer un énième recul sur ce point et nous interrogeons les services juridiques de nos syndicats sur ce point.

Si les points ci-dessus ne sont pas respectés, conformément aux engagements pris suite à la grève de cet été une démission collective de l’équipe médicale sera envisagée. La remise en question de l’organisation de service mise en place par notre chef de service Louis Soulat pour des raisons budgétaires n’est pas non plus acceptable et une démission de ce dernier entraînerait par la même la démission de l’ensemble du service.

Cordialement,

Liste des signataires :

les docteurs : Benech, Bonenfant, Bot, Bouexiere, Cherfaoui, Courcoux, Decou, Delangle, Donval, Duchateaux, Farges, Gangloff, Gauthier, Giese, Goupil, Guéguen, Huet, Joly, Jouhanny, Cherif, Laloue, Le Lan-Schnell, Le Lann, Le Davadic, Le Goff, Lechevallier Maigre, Nguyen Phu Khai, Paulhet, Saidani, Tchipkam, Vandame, Viel, Yvetot.

Retour sur le mouvement social des urgentistes au CHU de Rennes en juin 2017 :

Patrick Pelloux était à Rennes, ce samedi, pour aller rencontrer ses collègues des urgences du CHU de Rennes en grève depuis mercredi dernier. L’occasion d’une discussion à bâtons rompus.

20 Minutes |Rennes: Un mouvement de grève à partir de mercredi aux urgences du CHU SANTE Le personnel dénonce une dégradation continue des conditions de travail…  Jérôme Gicquel | — 

 


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