Revue de presse – Les Urgences en gréve

Première partie de la Revue de presse sur le mouvement de grève des services d’urgences.


“L’impression d’avoir fait un travail de merde” : les soignants aux urgences de l’AP-HP en grève

“Le personnel paramédical de tous les services d’urgences de l’AP-HP est appelé à la grève, dès dimanche soir, minuit. À l’origine, une première grève commencée le 18 mars à Saint-Antoine après cinq agressions de soignants dans la même nuit. Le personnel réclame une augmentation de salaire de 300 euros nets mensuels. “

(…) Car les urgences ne sont pas des services comme les autres, explique Inès, infirmière à Lariboisière, qui rejoint le mouvement ce 14 avril. “C’est une loupe sur les inégalités de la société. Nous accueillons les clochards, les SDF avec des problèmes de santé qui s’accumulent depuis des années, les femmes battues, les personnes qui se sont fait violer…Tout arrive dans ces urgences.”

Un quotidien difficile à supporter, auquel vient s’ajouter le manque d’effectifs, qui entraîne des tensions avec des patients… de moins en moins patients, explique Christophe Prudhomme, médecin urgentiste en Seine Saint-Denis et délégué CGT. “On a des délais d’attente monstrueux, les gens attendent des heures, donc le ton monte. C’est insupportable pour les soignants. À la fin de la journée, ils ont l’impression d’avoir fait un travail de merde.” “On se rend compte qu’il y a des personnes âgées qui restent 24 heures sur des brancards”,confirme Stéphane, aide-soignant aux urgences de Tenon.

Grève des urgences : il faut une “prime nationale pour les personnels et une reconnaissance de leur spécificité”, selon l’urgentiste Patrick Pelloux

“Le personnel assume des responsabilités qu’il ne devrait pas, insiste Patrick Pelloux. Je veux dire par là que le personnel est au front de la charge de travail au quotidien et il n’est pas responsable du manque de moyens, du manque de personnel, du manque d’organisation”. Un personnel en première ligne quand des drames se produisent comme la mort de cette patiente de Lariboisière, ‘oubliée’ aux urgences pendant douze heures.

“L’Agence régionale de santé, comme l’Assistance publique, comme le gouvernement doivent se mettre autour de la table pour réfléchir à la modernisation des services des urgences et entendre cette revendication”,estime Patrick Pelloux. “Il faut les écouter, il ne faut pas mépriser, il ne faut pas croire que d’un coup ça va être un dialogue facile et qu’ils vont pouvoir s’en tirer avec des mesurettes”, avertit-il. “Je pense qu’il va falloir du sonnant et du trébuchant, il va falloir poser vraiment une volonté de réforme” pour parvenir à “un protocole de sortie de grève rapide”. Sinon, le mouvement pourrait s’étendre à l’échelle nationale, prédit le médecin.

Hôpitaux de Paris: grève illimitée dans plusieurs services d’urgence

Solutions “insuffisantes”: à l’issue de la première réunion de négociations, ce lundi, “les réponses apportées par la direction de l’APHP ont été jugées très insuffisantes”, rapporte la CGT dans un communiqué de presse.

La direction a tenté de désamorcer la fronde en promettant notamment 45 postes supplémentaires à répartir selon les besoins des services. 

“Mais il manque 700 postes pour assurer la sécurité des patients”, s’était déjà indigné Christophe Prudhomme, s’appuyant sur un référentiel établi par l’association Samu-Urgences de France.

Mouvement “en cours d’extension”: Concernant la demande de réévaluation des salaires, “la seule proposition qui a été faite est d’attribuer une indemnité pour travaux dangereux”, regrette l’organisation syndicale. Seules les questions sécuritaires ont fait l’objet de “quelques avancées”, avec notamment “l’application systématique du dispositif de protection des personnels en cas d’agression”.

La mobilisation devrait donc s’intensifier dans les jours à venir, notamment durant le week-end de Pâques. “Le mouvement est en cours d’extension à l’ensemble des services d’urgences adultes et enfants de l’AP-HP”, précise la CGT dans son communiqué. 

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