Guyane : Une mission d’audit à l’hôpital de Cayenne

Urgences à l’hôpital de Cayenne (Guyane) : une mission d’audit afin “que l’on sache la vérité” sur les conditions d’accueil des malades.

Publié le 9 juillet 2018 | Mis à jour le 11 juillet 2018

Une expertise a lieu, samedi 7 et dimanche 8 juillet au Centre hospitalier Andrée-Rosemon (Char) à Cayenne, en Guyane, à la demande de plusieurs parlementaires. Gabriel Serville, député-maire de Matoury, veut savoir “la vérité” sur les conditions de travail et d’accueil aux urgences, après le dépôt collectif de préavis de démission par 17 médecins urgentistes sur 25, a-t-il expliqué, samedi sur franceinfo. Retrouvez l’intégralité de son interview ici

Un médecin du Char témoigne des conditions de travail aux Urgences sur Guyane 1ère

Le personnel de l'hôpital de Cayenne s'est mobilisé à plusieurs reprises depuis le mois de mars pour attirer l'attention sur ses conditions de travail.

Le personnel de l’hôpital de Cayenne s’est mobilisé à plusieurs reprises depuis le mois de mars pour attirer l’attention sur ses conditions de travail. – Jody Amiet / AFP
Marianne et son journaliste Anthony Cortès ont publié un long article  sur la situation en Guyane et titrent : “A Cayenne, les médecins de l’hôpital public en détresse absolue” Retrouvez l’article et les témoignages des urgentistes, notamment de Gerd Donutil, représentant AMUF.

Extrait
“Aujourd’hui, ils sont en effet 25 médecins urgentistes alors que selon l’Amuf, ils devraient être entre 40 et 50 pour être en mesure d’assurer un “fonctionnement normal” du service. Son délégué général est également médecin dans l’établissement, et lui aussi avait décidé de prendre le large “pour changer les choses” : “Pour continuer à accueillir les patients, on excède le temps de travail réglementaire de façon routinière, nous confie Gerd Donutil. Au minimum, nous faisons 48 heures. Mais le plus souvent, nous sommes bien plus proches des 70 heures hebdomadaires”.

Une situation qui a récemment passé un cap. Si jusqu’ici, “et depuis plusieurs années” nous disent-ils, ils acceptaient ces concessions “au détriment de leur vie sociale”, l’approche du mois de mai a constitué un tournant. En plus d’être médecin, Arthur Deroure-Corte s’occupe également de la rédaction des emplois du temps. “Nous avons été touchés par quelques départs, le nombre de médecins était alors tellement insuffisant que, pour ne pas diminuer l’offre de soins, nous devions travailler chacun jusqu’à 80 heures par semaine. Il n’y avait aucune autre possibilité de boucler le planning. Mais ce n’est pas possible, comment effectuer nos missions convenablement dans ces conditions ? Notre efficacité n’est pas la même à la 60ème ou à la 80ème heure !”.

D’autant que remplir le rôle de médecin urgentiste à Cayenne nécessite une sérieuse agilité. “Certains médecins sont contraints de faire plusieurs fonctions à la fois, développe Gerd Donutil. Par exemple, ils peuvent être affectés au service hospitalier, puis être appelés plusieurs fois au cours de la journée pour suivre une intervention avec le Smur routier, ou bien aller chercher un patient au dispensaire en hélicoptère. Quand il ne faut pas procéder à des interventions sanitaires vers Fort-de-France ou Paris pour certains patients qui nécessitent des soins lourds”. 

Lire l’article dans son intégralité ici

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