Comment Madame Bachelot manipule les chiffres !

Partager

Comme par un heureux hasard, à la veille de la présentation de la loi « Bachelot » – très controversée et ne recueillant que peu de soutiens – devant le parlement, un rapport de l’IGAS est présenté ce matin de manière très curieuse. L’analyse des chiffres est étonnante et la charge est sonnée pour que soient montrés du doigt les médecins hospitaliers qui se battent actuellement pour défendre le service public. 

Qu’en est-il réellement ? Ce que montre le rapport, c’est surtout l’énorme disparité des rémunérations entre l’hôpital et l’activité libérale. Prenons un exemple, les cardiologues : rémunération moyenne dans le public de

77 664€ contre 121 309 € dans le privé, soit un écart de 56% !

Par ailleurs, il ne faut pas tout mélanger. Les écarts dans le public sont essentiellement liés à l’activité privée exercée par seulement 15% des praticiens. Activité que Madame Bachelot a renforcée en modifiant en octobre 2008 le décret qui permet aux praticiens concernés de ne reverser que 15 à 25 % de redevance au lieu de 40% prévus.

En ce qui concerne les urgentistes, leur rémunération ne dépasse que de 55€ la moyenne alors qu’ils font partie des praticiens qui passent le plus de temps à l’hôpital, notamment la nuit, les dimanches et les jours fériés. Ils ne font donc pas partie des praticiens les mieux payés ! Par ailleurs, leurs revendications ne portent pas principalement sur une augmentation de leurs salaires mais sur un encadrement de leur temps de travail. Nous demandons a être payé de nos heures supplémentaires comme tous les personnels  des hôpitaux. Les urgentistes ne volent pas leur salaires comme semble l’évoquer l’article des Echos.

Enfin, cerise sur le gâteau, rien n’est dit sur le fait que la récente réforme du régime de retraite des médecins hospitaliers va entraîner une diminution de 30% des pensions des futurs retraités .

Toute cette opération ne relève donc que de la manipulation pour cacher les vrais problèmes qui sont les inégalités de rémunérations injustifiées entre le secteur public et le secteur privé, ainsi que l’explosion des dépassements d’honoraires qui restent en grande partie à la charge des patients ! Sachez que les urgentistes n’ont pas d’activité privée.

Il serait bon que Madame Bachelot écoute les revendications des praticiens hospitaliers, notamment des urgentistes, afin d’envisager des négociations sur les vrais problèmes que sont les conditions de travail, la pénibilité et la retraite.

Le CA de l’AMUF